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Tourisme
Post-Covid-19
Développement économique

2ème comité de filière tourisme exceptionnel : le gouvernement à l’écoute des professionnels

02/04/2020

France urbaine a participé au deuxième comité de filière tourisme exceptionnel organisé par le gouvernement depuis le début du confinement.

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a organisé le 31 mars 2020 le 2ème comité de filière tourisme (CFT) exceptionnel depuis le début du confinement. France urbaine participe à cette réunion hebdomadaire par le biais de Christophe Bouchet, maire de Tours et président de la commission « tourisme » de France urbaine.
 
Le Ministre a commencé par un point sur la situation sanitaire, et notamment celle des Français rapatriés dont 121 500 sont rentrés depuis le 19 mars. Il reste environ 10 000 voyageurs français à rapatrier, et pour lesquels le réseau diplomatique est très mobilisé. La situation est toujours dramatique : au 31 mars, 777 000 cas sont identifiés dans le monde pour 37 000 décès à déplorer. Lueur d’espoir, le nombre de cas et de décès ralentit en Italie, 700 contre 900 la veille, même si la confirmation de ce ralentissement doit être constatée sur les jours à venir.
 
Les outils gouvernementaux déployés progressivement
 
Concernant l’actualité institutionnelle, le ministre a rappelé que 25 ordonnances avaient été adoptées, dont une spécifique pour le tourisme, sur la mise en place des avoirs. Le dispositif de chômage partiel monte en puissance, puisque 2,2 millions de personnes en bénéficiaient au 31 mars. Le paiement de ce chômage se fait sur 169 heures et répond à une demande générale de la profession. Reste à savoir si les entreprises qui souhaitent compléter le salaire des employés peuvent bénéficier d’une exonération de charges ; ce point sera éclairci dans les jours à venir.
 
Le représentant de Bpifrance est revenu sur le prêt garantit par l’Etat (PGE) : 4 milliards d’euros sont en demande, dont 10% pour le seul secteur du tourisme. Ces demandes partent en instruction dans les banques qui sont en train de les accorder, 400 millions d’euros le seraient déjà en 72 heures. Les dispositifs montent donc en puissance, la question demeure sur la politique de risque des banques et le rôle de Bpifrance  dans l’animation des réseaux bancaires locaux. Le prêt tourisme en prêt de trésorerie (remboursement en 10 ans avec 2 ans de différé) est en place par la Caisse des Dépôts, qui y a consacré 50 millions d’euros.
 
De grandes inquiétudes pour la sortie de crise
 
Les organisations professionnelles se sont succédées pour faire le point sur leur situation sectorielle, convenant que les banques commençaient à assurer leur rôle mais que les assureurs, avec les 200 millions d’euros qu’ils se sont engagés à injecter dans l’économie, sont largement insuffisants au regard des profits engrangés ces années précédentes, et de ceux à venir lorsqu’il faudra assurer les emprunts de relance futurs.
 
Les différents intervenants ont tous partagés leurs craintes quant à une sortie de crise difficile pour l’ensemble du secteur, notamment pour en ce qui concerne leur trésorerie et le remboursement de leurs dettes. A titre d’illustration, une étude menée par le CRT Grand Est montre ainsi que l’impact attendu dans cette région serait de l’ordre d’une baisse de 80% de la fréquentation et du chiffre d’affaire. La CCI de Limoges indique quant à elle que 98% des établissements sont touchés, et que 71% d’entre eux ont reçu des annulations pour tout l’été. La CCI de Grenoble a estimé de son côté une perte de 135 millions d’euros en avril, 118 millions en mai, qui mettent en danger 20 600 emplois.
 
Pour reconstruire le tissu économique, CCI France estime à cet égard que les fonds européens dédiés aux investissements pourraient être réorientés vers la communication et la promotion des destinations.
 
Dans le domaine culturel, la Fédération des Employeurs du Spectacle vivant, de la Musique, de l'Audiovisuel et du Cinéma (FESAC) chiffre les premières pertes à 600 millions d’euros. Elle préconise pour les pertes de 2020 le report en arrière des déficits, de manière à les récupérer en 2021 par le biais de provisions pour pertes futures.
 
Un discours dissonant dans cette avalanche de mauvaises nouvelles compensées par de nombreuses vagues de solidarité : Gîtes de France a fait part de ses interrogations concernant la demande du ministre Bruno Le Maire aux grandes entreprises de ne pas verser de dividendes à leurs actionnaires, au prétexte que si les entreprises ne remontent pas de dividendes vers la holding, cette dernière ne peut les reverser aux entreprises les plus fragiles du groupe, dans une démarche de péréquation interne. Des interrogations qui interrogent, dans la période.
 
Un début de réflexion sur la relance
 
Caroline Leboucher, directrice générale d’Atout France, s’est projetée sur l’évolution de la réglementation européennes sur les garanties ou sur l’aérien, l’accueil et la réassurance sanitaire. Elle a annoncé le lancement de divers postes de veille sur la transformation de la distribution sur les marchés internationaux, ainsi que la mise en place de formations et de webinaires pour les professionnels français et les tours opérateurs internationaux. La promotion de la destination France est envisagée sur plusieurs stades, d’abord avec priorisation sur le marché domestique, puis sur les marchés de proximité et les gros ré-ouverts (la Chine), avant de travailler à la relance au second semestre 2020 dans les grands forums pour une relance collective, et déployer en 2021 un grand plan de relance ciblant une plus grande audience.
 
La Direction Générale des Entreprises (DGE), au ministère de l’Economie et des Finances, élabore actuellement de son côté des mesures pour l’après, notamment pour les loyers. L’idée serait de gérer la reprise en évaluant l’impact des fermetures prématurées des stations de ski, par des études avec l’agence EY France. La DGE envisage de développer des financements de garantie pour les tours opérateurs et éviter des faillites massives dans le secteur. Des plans d’investissements sectoriels ciblés pourraient aussi être déployés, principalement vers le tourisme de montagne, le tourisme balnéaire, et le tourisme social.
 
Conjointement aux autres représentants des territoires, qui ont souhaité faire part de leurs demandes concernant la fiscalité et la possibilité d’inscrire les plans de relance en crédits d’investissement, Christophe Bouchet est revenu pour France urbaine sur un certain nombre de sujets liés notamment à la taxe de séjour, pour lesquels la DGE devrait faire retour dans les jours à venir.