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Développement économique

Bpifrance, pôles de compétitivité : les outils de l’innovation au programme de la commission développement économique

11/04/2019
Organisée le 20 mars 2019 dans la maison de la Métropole Nice Côte d’Azur à Paris, la commission développement économique de France urbaine, dont le président David Kimelfeld, président de la métropole du Grand Lyon, avait annoncé qu’il se mettait en retrait, a auditionné les représentants de Bpifrance et de l’association française des pôles de compétitivité.
 

La commission, en recevant Marc Charlet au nom de l’association française des pôles de compétitivité, cherchait à mieux comprendre cette structure, faire un point sur l’actualité des pôles et réfléchir à l’investissement des métropoles dans un contexte où le gouvernement semble donner de plus en plus de poids aux régions dans le pilotage de l’innovation.
 
M. Charlet a commencé par rappeler que la politique des pôles avait été initiée en 2005, et qu’elle fonctionnait encore très bien quelques 14 ans plus tard, puisque les pôles sont aujourd’hui des acteurs majeurs du développement économique. Les pôles sont des clusters où les compétiteurs coopèrent : une thématique ciblée sur un territoire limité rassemble entreprises grandes et petites, universités et territoires, dans un concept d’écosystème essentiel.
 
La première phase de construction, entre 2005 et 2008, avait consisté en une dynamique de RD qui poussait vers des écosystèmes publics et privés autour de coopérations thématiques. La deuxième phase a élargi le mouvement aux PME, puis la phase 3 a engagé le passage au marché autour du concept de l’usine à projet à l’usine à produit. Depuis le 1er janvier 2019, le gouvernement a posé avec la phase 4 l’objectif de faire émerger davantage de projets collectifs européens. L’Etat a sélectionné les pôles sur une masse critique, en fusionnant certains d’entre eux et en leur fixant des objectifs plus ambitieux.
 
Pour les 56 pôles retenus dans cette 4ème phase, le fonds unique d’investissement (FUI), qui est maintenu à 50 millions d’euros, va changer de nom pour devenir PSPC : projets structurants pour la compétitivité. Il prendra la forme d’une avance remboursable pour les projets de plus de 4 millions d’euros, tous les projets dont le montant serait inférieur à cette somme étant financés conjointement avec les régions. La part de l’Etat en fonctionnement devrait diminuer progressivement, de 18 millions en 2018 à 9 millions en 2022, afin d’augmenter la part des financements privés. Cet aspect sera particulièrement difficile à atteindre, les pôles étant habitué à une logique associative plutôt que commerciale.
 
Les membres de la commission ont exprimé leur crainte que  l'Etat tente de couper les pôles de compétitivité des écosystèmes territoriaux, et d’en faire des outils des filières. Or une logique de guichet n’est pas une politique d’innovation. La dimension territoriale est essentielle à la notion de pôle, tout comme la dimension expérimentation est essentielle à l'innovation. En outre un désengagement progressif et complet de l’Etat, qui ferait porter l’entièreté des financements sur les collectivités.
 
Marie Adeline-Peix, directrice exécutive au sein de la direction des partenariats et de l’action territoriale de Bpifrance, est ensuite intervenue pour présenter l’action de Bpifrance. Les membres de la commission lui ont exprimé leur désarroi face à la schizophrénie de l’Etat qui favorise la création des métropoles, mais leur retire l’association aux outils qui les concernent. L’enjeu de la répartition de la compétence développement économique entre régions et métropoles est primordial, puisque l’écosystème se trouve dans les métropoles ; et si la région contrôle, c’est bien la métropole qui fait l’essentiel du travail.
 
Un colloque France urbaine/régions/CCI/bpifrance/pôles/état/businessfrance, visant à fédérer l’écosystème pourrait être organisé.