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Cohésion sociale et politique de la ville
Education

Cités éducatives et rapport Mathiot/Azéma au menu de la commission mixte Education/politique de la ville

12/06/2019

La commission s'est déroulée le 5 juin, organisée conjointement par France urbaine, l’AMF, Ville & banlieue et Villes de France.

Les Cités éducatives et le rapport Mathiot/Azéma étaient à l’ordre du jour de la commission mixte Education/politique de la ville et cohésion sociale du mercredi 5 juin, organisée conjointement par France urbaine, l’AMF, Ville & banlieue et Villes de France.
L’occasion de revenir avec Pierre Mathiot, professeur de science politique, directeur de l’IEP de Lille, en charge d’un rapport avec Ariane Azéma sur les zonages de l’éducation prioritaire sur les premières recommandations qui seront formulées par les auteurs. Vincent Léna, coordinateur national du programme des cités éducatives au CGET a pu, quant à lui, présenter les premiers retours des 80 cités éducatives qui se mettent en place sur les territoires depuis début mai.
 
Rapport Mathiot/Azéma : des changements dans la continuité

C’est un peu en avant-première que Pierre Mathiot est venu présenter aux participants de la commission mixte les pistes de préconisations qui seront formulées dans le rapport éponyme. D’abord, il ne s’agit pas de remettre en cause les REP/REP+ au niveau national. En revanche, les auteurs souhaiteraient une gestion des ressources humaines spécifique pour ces établissements, en particulier pour ceux accueillant des publics allophones nombreux. Il sera proposé que le dispositif Cordées de la réussite soit conforté, avec un suivi approfondi et sur la durée du parcours des élèves.

Le rapport proposera, de manière innovante et bienvenue, un vade-mecum quant aux relations à développer entre l’Etat et les collectivités territoriales sur les politiques éducatives, y compris sur la question des transports scolaires.

Comme le demandait France urbaine, la carte des quartiers prioritaires de la ville (QPV) ne sera pas modifiée avant 2022 et la fin des actuels contrats de ville. Pour autant, Pierre Mathiot et Ariane Azéma souhaiteraient que la question du millier environ d’« écoles orphelines » soit traitée avant cette échéance. Le rapport pourrait ainsi proposer que ces écoles puissent profiter du dédoublement des classes en CP/CE1, comme cela est déjà le cas pour les établissements inscrits en REP/REP+. Ce dédoublement s’accompagnerait de bonifications de rémunérations, sous forme de primes pour les enseignants concernés.

Le directeur de l’IEP de Lille a également insisté sur la formation initiale et collective hors temps scolaire des enseignants, en pointant la nécessité d’en évaluer avec précision les contenus et attendus. Rappelant les déterminismes sociaux puissants à l’œuvre dans le système scolaire français, il a utilement indiqué qu’à ce jour 70% des élèves de milieu modeste échappaient encore aux dispositifs de l’éducation prioritaire, posant en creux la question du ciblage et de l’accompagnement pédagogique des élèves en ayant le plus besoin.

Cités éducatives : un nouveau logiciel se met en place

Vincent Léna est revenu sur la démarche des Cités éducatives issues du rapport Borloo et de l’expérimentation menée à Grigny, ville-pilote dont le maire Philippe Rio était présent à la réunion et a pu rappeler la génèse. Ambition globale, programme expérimental, différenciation locale sont les maîtres-mots du dispositif, avec un comité d’orientation et d’évaluation qui devrait prochainement se mettre en place au niveau national mai aussi de manière décentralisée.

La question de la coopération du ministère de l’Education nationale avec les autres acteurs a été au cœur des échanges, la cité éducative devant être un modèle du continuum éducatif tant recherché. En l’espèce, l’Education nationale est engagée financièrement dans la démarche et les premiers retours de terrain semblent aller dans le bon sens, en particulier quand les préfectures sont en copilotage du projet avec les collectivités, à l’instar de l’expérience toulousaine présentée au Club des agglos France urbaine/AdCF du 16 mai dernier.

Le CGET a mis l’accent sur la dimension citoyenne de ce projet, avec l’image du village (africain) rassemblé pour faire grandir ses enfants et les porter au-delà des frontières du quartier. Car l’objectif est bien de développer des passerelles avec les centres-villes et de lever les barrières invisibles, où l’autocensure le dispute parfois au sentiment d’échec dans les familles.
Mathieu Cahn, adjoint au maire de Strasbourg et vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg a rappelé les responsabilités importantes de l’Education nationale en pointant ses contradictions et en insistant sur l’esprit de coéducation qui devait prévaloir au sein des cités éducatives.
 

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