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Johanna Rolland : « Faisons confiance aux élus locaux »

14/10/2021

La présidente de France urbaine Johanna Rolland a participé le 14 octobre à la plénière d'ouverture de la convention nationale de l’AdCF à Clermont-Ferrand.

La présidente de France urbaine Johanna Rolland a participé le 14 octobre à la plénière d'ouverture de la convention nationale de l’AdCF à Clermont-Ferrand, aux côtés de Sébastien Martin, Président de l’AdCF, Carole Delga, Présidente de Régions de France, Caroline Cayeux, Présidente de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, Christophe Guilloteau, Vice-président de l’Assemblée des départements de France, Sébastien Miossec, Vice-président de l’AdCF et Olivier Bianchi, Maire de Clermont-Ferrand, président de Clermont Auvergne Métropole, en présence de la Ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault.
 

Un besoin de clarté et de visibilité financière         

Cette crise a eu des impacts sur l’ensemble des collectivités qui, toutes, ont été et seront encore longtemps, en première ligne pour affronter d’une part, la crise sanitaire, d’autre part, le choc économique et social majeur qu’elle a engendré. Etat, associations d’élus, experts… tous ont aujourd’hui admis que les territoires urbains ont été davantage touchés par la crise : leur épargne brute a chuté sous la conjonction d’une hausse des dépenses exceptionnelles, liées à la mobilisation contre la crise et ses conséquences, et d’une baisse des recettes de fonctionnement, notamment dans le secteur des mobilités.
« Il était normal que nous prenions notre part à l’effort de crise, et nous continuerons à le faire. Mais l’équation budgétaire s’est sensiblement dégradée alors même que les territoires urbains portent une responsabilité particulière dans la relance » a indiqué Johanna Rolland. Les collectivités ont aujourd’hui une nouvelle responsabilité : elles font face à la nécessité absolue d’une relance locale, du fait qu’elles sont les actrices de la relance et portent l’investissement public qui représente 70 % de l’investissement public. La présidente de France urbaine l’affirme : « Nous attendons l’État pour dessiner l’avenir de nos territoires. Ceci dépasse évidemment le cadre de la crise car les défis pour le pays de la transition écologique et sociale se résoudront en grande partie dans nos territoires. Nous avons notamment besoin de clarté et de visibilité financière. »
 

Johanna Rolland, présidente de France urbaine


Stopper les appels à projet

Les Contrats de relance et de transition écologique (CRTE) sont une avancée dans leur philosophie : partager, au sein d’un contrat intégrateur, des priorités communes et mettre en musique les financements de chacun (qu’ils soient locaux, régionaux, nationaux ou européens) sont des attentes de longue date de France urbaine. Les élus urbains saluent l’action de la Ministre Jacqueline Gourault qui a entendu cette demande et a proposé ce contrat d’un genre nouveau.
Mais les élus constatent aussi, à ce stade, qu’il se heurte à une culture ministérielle qui continue à privilégier de manière systématique la formule de l’appel à projets, malgré les efforts du ministère de la Cohésion des territoires pour insuffler, à tous les étages du Gouvernement et dans toutes les administrations centrales, une culture territoriale fondée sur la confiance et la contractualisation. « Je pense que la contractualisation est fondamentale, dans des domaines clés comme la rénovation énergétique les mobilités. C’est aussi essentiel en matière de cohésion sociale et de lutte contre l’exclusion. C’est dans cet état d’esprit que nous sommes mobilisés ensemble pour dans nos quartiers politique de la ville. C’est le sens du Pacte de Dijon élaboré notamment avec l’AdCF et Villes de France » a assuré Johanna Rolland. Pour France urbaine, il est essentiel que les contrats signés et les engagements pris par l’État se traduisent concrètement et plus rapidement sur le terrain, sans oublier la nécessité de donner une véritable visibilité financière.
 

L’intercommunalité, gage d’efficacité

Les grandes villes, agglomérations et métropoles rassemblent des communes rurales, périurbaines et urbaines, dont la taille, la gouvernance et les atouts diffèrent. Et c’est pour gérer les diversités, par un fonctionnement basé sur la collégialité communautaire et une complémentarité affirmée avec les communes que sont nées les intercommunalités, pour donner à chaque commune, y compris la plus petite, la possibilité de peser sur la stratégie collective. Mais aussi pour mettre en œuvre une nouvelle gestion des services de proximité. Pour Johanna Rolland, « nous assistons à une remise en question systématique du processus intercommunal, alors que l’intercommunalité est un progrès pour l’action publique locale. Je le dis avec force : aucune de nos communes n’aurait, seule, la force d’apporter une réponse suffisante à la gestion des déchets, l’aménagement du territoire, les mobilités, ou à la gestion d’équipements structurants. Nous faisons mieux et davantage ensemble. » 
 

Pour de nouvelles coopérations urbain-rural 

France urbaine appelle à de nouvelles méthodes de travail entre collectivités urbaines, péri-urbaines et rurales, et promeut notamment les contrats de réciprocité, qui écrivent une nouvelle page des politiques publiques de l’aménagement. A Nantes, Johanna Rolland a par exemple signé un contrat de réciprocité avec le Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays de Retz. Les deux territoires travaillent ensemble notamment autour de l’alimentation et des mobilités, en expérimentant des voies dédiées de covoiturage sur le périphérique et approfondissent chaque année leurs coopérations à diverses échelles à travers leurs pôles métropolitains. « Face à l’ampleur des nombreux défis du XXIème siècle, les territoires urbains, périurbains et ruraux doivent être mobilisés ensemble, dans des coopérations gagnant-gagnant pour les habitants. C’est cela, l’Alliance des territoires. » a déclaré Johanna Rolland, sous les applaudissements de la salle.
 

Crédit photo : AdCF

Projet de loi « 3DS » : un texte pragmatique, des lignes rouges à ne pas franchir

Le projet de loi "Décentralisation, différenciation, déconcentration et simplification" est un texte dont les élus de France urbaine ont toujours soutenu la philosophie, tracée et défendue par Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, mais qui ne doit pas devenir prétexte à un retour en arrière du fait intercommunal.

« Le terme « différenciation » ne veut pas dire « détricotage » » a rappelé la présidente à la tribune de la convention de l’AdCF. Cette future loi doit contribuer à ce que les collectivités puissent agir plus efficacement. Les élus locaux doivent veiller à ce que le texte définitif n’opère pas des régressions sur certains points majeurs, comme cela a été le cas pour les métropoles, par des amendements au Sénat qui rétablissent par exemple l’intérêt communautaire pour les agglomérations, communautés urbaines et métropoles. Johanna Rolland est claire : « Notre pays ne doit pas affaiblir nos intercommunalités. Au contraire. Les intercommunalités jouent un rôle majeur, en lien avec les départements, les régions, sur des questions aussi essentielles que la formation ou l’insertion des jeunes. » France urbaine estime qu’il faut conforter le rôle des intercommunalités en matière de développement économique de leur territoire et renforcer le partenariat avec les régions en matière d’emploi, d’insertion professionnelle et de formation tout au long de la vie.
 
L’association des grandes villes, agglomérations et métropoles appelle à une nouvelle étape de la décentralisation, à un nouveau contrat renouvelé avec l’État. Un contrat respectueux d’une République qui serait pleinement décentralisée. « La France reste encore trop jacobine et trop centralisatrice. Faisons confiance aux élus locaux. Je suis convaincue que l’heure est venue de changer de logiciel si nous voulons répondre de manière plus efficace aux attentes de nos concitoyens et leur redonner confiance dans l’avenir. » a conclu Johanna Rolland.