Share
Solidarités

Lutte contre la pauvreté : les territoires urbains en première ligne

28/04/2022

France urbaine réaffirme sa volonté d'expérimenter de nouveaux modèles d'accompagnement des jeunes.

En 2021, une trentaine de grandes villes, agglomérations et métropoles membres de France urbaine affichaient leur volonté d'expérimenter de nouveaux modèles d'accompagnement des jeunes partant du constat que les politiques publiques actuelles n'atteignent pas pleinement leur cible. 
 

Les quatre scénarios proposés par France urbaine n'ont pas été retenus par le gouvernement, qui a fait le choix de cibler son intervention sur la mise en œuvre du Contrat d'Engagement Jeune au 1er mars 2022. Ce dispositif, en cours de déploiement et axé autour d'une allocation et d'une offre d'accompagnement, est assorti d'appels à projet en vue de structurer une offre territorialisée. La circulaire du 22 avril 2022 précise les conditions de mise en œuvre du Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) pour les jeunes en rupture 

Penser une gouvernance adaptée 

L'articulation avec les dispositifs existants et les politiques mises en œuvre par les collectivités et la capacité de construire un pilotage permettant de mobiliser l'ensemble des ressources d'un territoire invitent à penser une gouvernance adaptée.  
Les modalités d'évaluation du contrat d'engagement des jeunes ont été présentées en commission d'insertion du conseil d'orientation des jeunes (COJ) le 21 avril 2022. Le choix de la mise en œuvre d'un scénario unique pourrait rendre plus délicate l'identification des facteurs clés permettant de lutter contre la pauvreté, de favoriser l'insertion et la sécurisation des parcours.  
Alors que les démarches d'évaluation s'opèrent sur le temps long et que des initiatives locales se multiplient, l'expérimentation proposée par France urbaine et le déploiement de quatre scénarios présenteraient l'avantage de pouvoir comparer avec l'appui d'un conseil scientifique différentes configurations et de faire évoluer cette politique d'accompagnement. 

Le revenu de solidarité jeunes, un levier complémentaire qui porte ses fruits 

La mise en place du “Revenu de solidarité jeunes” (RSJ) par la Métropole du Grand Lyon et les premières analyses réalisées donnent d'ores et déjà à voir la nécessité de tisser sur le territoire des actions complémentaires aux dispositifs existants. Fondée sur une enveloppe de 10 millions d'euros ciblant 5000 jeunes sur la durée du mandat, le RSJ est à destination des jeunes de 18 à 24 ans, en situation de précarité et garantit une réponse en l'absence d'autres dispositifs mobilisables.  
  
Cette aide, à laquelle peut se greffer une offre d'accompagnement spécifique, se veut graduelle, mobilisable sur une durée totale de 24 mois de manière continue ou discontinue. Le RSJ a ainsi vocation à s'adapter finement aux situations, et à s'activer ou s'interrompre de manière souple au gré de la mobilisation d'autres dispositifs (accès à l'emploi, entrée en contrat d'engagement des jeunes…). Ce dispositif met en avant des orientations nouvelles en vue de répondre aux écueils constatés dans l'accompagnement des jeunes :  
  • Sécuriser les parcours et activer les complémentarités entre dispositifs : constituant une forme de droit de tirage, cette aide conduit à garantir une réponse sur une durée lisible pour les personnes bénéficiaires ; 
  • Anticiper et prévenir l'évolution des situations : l'ouverture des droits peut se fonder sur une observation des ressources futures, potentielles des jeunes ;
  • Penser une politique d'accompagnement évolutive : construites à l'échelon territorial, les modalités d'accès aux dispositifs sont susceptibles d'évoluer de manière souple et rapide au regard des résultats d'une évaluation en continu en vue de permettre un recours efficace.

L’action territorialisée, un impératif pour lutter efficacement contre la pauvreté 

La commission “Solidarités, lutte contre les inégalités et la pauvreté” de France urbaine, co-présidée par Mathieu Klein, Maire de Nancy, président de la Métropole du Grand Nancy et Florence Thibaudeau-Rainot, Adjointe au Maire du Havre, s’est réunie le 27 avril 2022 pour faire le bilan des conventions d'appui à la lutte contre la pauvreté et d'accès à l'emploi.  

Fondé sur le constat que la lutte contre la pauvreté nécessite une action territorialisée et la mobilisation de l'ensemble des politiques publiques, ce dispositif de contractualisation, qui a fait l'objet d'une évaluation par l'IGAS en juillet 2021, s’est déployé auprès des collectivités territoriales dès 2019 et prolongée jusqu’en 2022. La souplesse, la transversalité et la territorialisation du dispositif mis en œuvre à destination des métropoles sont un vecteur facilitant nettement sa mobilisation et son efficacité. Ce dispositif a ainsi permis de faire émerger et de structurer des actions nouvelles en réponse directe à des besoins non pourvus, à l'exemple d'actions de coordination de lutte contre la précarité alimentaire. Cependant, le niveau des moyens à mobiliser et les conditions de leur pérennisation sont à évaluer de manière plus fine.